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CINEMA | « Le Monde Nous Appartient » de Stephan Streker au Centre Culturel « Le Sablon »

A l’occasion de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le jeudi 26 septembre on a assisté à une projection gratuite du film « Le Monde Nous Appartient » de Stephan Streker, dans la salle de spectacle du centre culturel « Le Sablon » à Carnières.  Le réalisateur belge était accompagné de son producteur, Michaël Goldberg. Une occasion pour le public carniérois de dialoguer avec ces deux professionnels du cinéma très sympathiques.

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Pouga (Vincent Rottiers) © www.cinebel.be
 
C’est vers 20h que le public a commencé à arriver. Une fois  les spectateurs confortablement installés et la salle pratiquement comble, Stephan Streker et Michaël Goldberg sont venus saluer le public déjà très motivé. Ils se sont présentés et ont glissé quelques mots rapides avant de se retirer pour enfin laisser découvrir leur oeuvre, « Le Monde Nous Appartient ».
 
« Je ne vais pas en dire plus sur ce film, vous verrez par vous-même. J’espère vraiment qu’il n’ait pas besoin d’explications et qu’il se suffise à lui-même. », explique Stephan Streker. Le ton est donné. « Par contre, si vous le désirez, on se verra à la fin de la projection afin d’échanger vos impressions! », poursuit le réalisateur. 
 
Les lumières s’éteignent et le film peut alors commencer. Durant une heure et demi, on assiste à un vrai chef d’oeuvre cinématographique. 
 
« Le Monde nous appartient » conte l’histoire de deux jeunes hommes qui ne se connaissent pas mais dont le destin va, à un moment donné, les réunir. Tout d’abord, il y a Pouga, interprété par le brillant Vincent Rottiers, jeune voyou qui décide de remplacer son père porté disparu sur un coup plutôt risqué et ensuite, il y a Julien, interprété par Ymanol Perset, jeune footballeur qui tente de percer dans le milieu sportif.
 

Le film s’ouvre sur une scène très sombre, au ralenti, où une personne reçoit un coup de couteau. Qui en est l’auteur? Qui en est la victime? Très vite, on en oublie cette première scène car les séquences s’enchaînent. On se laisse totalement happer par le scénario. Les pièces du puzzle s’assemblent petit à petit pour enfin découvrir et comprendre l’histoire des personnages principaux, leur entourage, leurs fréquentations, leurs passions et leurs vices. 

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Julien (Ymanol Perset) © www.lmna-lefilm.com
Ce sont les décisions respectives et successives de Julien et Pouga, tantôt bonnes, tantôt mauvaises, qui vont les amener à croiser leur chemin. Les deux jeunes adultes ont cette impression que dans la vie, tout est possible, qu’ils sont maîtres de leur destin, que… le monde leur appartient. Une utopie qui fera basculer leur vie. Comme quoi parfois, les hasards sont bien étranges et la vie est particulièrement fragile.
 
« Le Monde Nous Appartient » est tout simplement éblouissant, à la fois poignant, sombre et poétique. Ce film d’auteur est superbement filmé, avec un soin tout particulier apporté aux compositions de couleurs et de cadrages. Ces derniers sont sobres, parfois presque architecturaux,  dignes de toiles de grands maîtres.
On se souvient par exemple de quelques scènes phares dont celle où Julien et ses amis sont face à des vitrines dans lesquelles dansent des prostituées très glamours, ou encore celle du métro où un chien de garde poursuit avec rage et détermination Pouga.
 
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Pouga (Vincent Rottiers) © http://cinema.jeuxactu.com
« Le Monde Nous Appartient » possède des scènes fortes en émotion, dont on ne vous dévoilera pas le contenu pour ne pas gâcher la surprise lorsque vous verrez le film. Il y a également plusieurs scènes surréalistes ou encore d’action, sublimées par la musique du musicien et compositeur belge Ozark HenryBref, un film belge bluffant, avec des acteurs brillants, pourtant réalisé avec un petit budget et qui fait prendre conscience que les décisions que l’on prend, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, engendrent des réactions aussi bien positives que négatives. Tout peut basculer en un rien de temps, du bon comme du mauvais côté. Tout est fragile, tout ne tient qu’à un fil. 
 

Une fois le film achevé et une fois les lumières rallumées, Stephan Streker et Michaël Goldberg sont venus discuter avec les spectateurs qui le désiraient. Un public très curieux a alors partagé ses impressions et posé des questions aux deux hommes. 

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Pouga (Vincent Rottiers) © www.lmna-lefilm.com

C’est avec plaisir et beaucoup d’humour qu’ils lui ont répondu, dévoilant les petits secrets du film, qui est en réalité la deuxième réalisation de Stephan Streker. 
On a ainsi pu découvrir les astuces du tournage ainsi que les anecdotes plutôt drôles sur les acteurs. Ils ont dévoilé l’envers du décor et  leurs références à Brian De Palma et à James Dean. Ils ont expliqué les mécanismes du monde du cinéma, les contraintes techniques et budgétaires, leurs merveilleuses rencontres avec les acteurs du film, mais aussi avec Ozark Henry

Bref, ce n’est pas tous les jours que l’on peut dialoguer avec des professionnels du milieu du cinéma et le public s’en est donné coeur joie. Le réalisateur a également dévoilé qu’il travaillait actuellement sur l’écriture d’un nouveau film dont Ozark Henry et Olivier Gourmet, jouant ici le père de Julien, auront une place très importante. A l’avenir, Stephan explique qu’il aimerait surtout se concentrer uniquement sur la réalisation. Stephan Streker est un réalisateur de talent, qui sait bien s’entourer et qui fera sans aucun doute encore parler de lui dans les années à venir. A suivre…

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